Comment recadrer un chef qui tourmente ses employés ?

Les employeurs font appel à des coaches pour accompagner leurs cadres «abrasifs». Un livre les conseille

Vous ne supportez pas les évaluations psychologiques, vous êtes allergiques aux langages RH et à ses outils? Et pourtant, vous pourriez vous retrouver affublé d’un «coach», un conseiller en développement personnel imposé par votre entreprise.

Le nombre de clients coachés augmente, souligne une étude réalisée par PwC et publiée en début d’année. Et il ne s’agit pas d’individus en quête de bien-être: la majorité (60%) des sessions de coaching sont payées par l’entreprise. A la requête des intéressés? «La grande majorité de mes clients ne l’ont pas demandé», raconte Katrina Burrus, spécialisé dans le coaching des cadres. «Ils sont, au mieux, perplexes, car ils ne comprennent pas pourquoi ils ont besoin d’un coach, ou carrément réfractaires. Les dirigeants sont orientés résultats et certains restent aveugles quant à leurs relations interpersonnelles.» La coach intervient à la demande des employeurs, quand un cadre, par ailleurs très performant, se montre trop «abrasif» avec ses collaborateurs. Les résultats de sa division sont excellents, mais les démissions pleuvent.

Quand le visionnaire devient aveugle. C’est le titre du dernier Dossier HRM, publié le 29 mai par HR Today et écrit par la directrice de MKB Conseil & Coaching, qui propose des conseils pour apprendre à coacher ces dirigeants réfractaires. «C’est souvent très difficile, quand on leur apporte la preuve que leur comportement pose problème, explique-t-elle. Ils tombent des nues. Ce sont des gens qui ont tout donné pour arriver où ils en sont. Ils peuvent être abattus.» Beaucoup de tact et de persuasion sont nécessaires, mais aussi de pression, estime Katrina Burrus. «Il m’est arrivé d’avoir un client qui est resté fermé à la démarche car son entreprise lui a offert au même moment une promotion. Si l’employeur ne dit pas clairement au cadre que son comportement ne va plus être toléré, notre travail de coach peut être voué à l’échec», ajoute-t-elle.

La démarche ne plaît pas à tous les coaches. «Je décline quand le cadre est menacé d’être licencié. Pour une question d’éthique. On ne peut jamais être sûr des résultats du coaching», explique Véronique Beltz, directrice de People Edge. Il est vrai, néanmoins, que les entreprises qui font appel à un coach contre la volonté de l’intéressé ont généralement épuisé les canaux hiérarchiques habituels, note-t-elle. Un signe d’impuissance? «Le monde du travail est devenu un monde de souffrance et l’entreprise n’est pas capable de la traiter», reconnaît Maxime Morand, ancien DRH, qui a déjà dû recourir à des coaches. «Des fois, cela vaut la peine d’avoir un «formateur de proximité» qui puisse apporter son aide.»

  • Article paru dans le Temps du 6 juillet 2012
  • Auteure de l’article : Sandrine Hochstrasser

 

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