Une méthode pour lutter contre l’épuisement professionnel

L’EMS Bellerive a été primé cette année pour son programme de prévention du burn out.

Comment éviter que ses employés ne «craquent», épuisés par leur labeur? La résidence Bellerive, un home médicalisé sur les rives du lac de Neuchâtel, a mis sur pied un programme de prévention du burn-out, qui lui a valu cette année un prix de la section suisse de l’Association européenne pour la promotion de la santé (AEPS), financé par Promotion Santé Suisse et la Suva.

Dans la maison de maître centenaire, qui accueille des personnes âgées en fin de vie, s’affaire une nuée d’aides-soignants et d’animateurs notamment. Ils sont 45 au total pour une trentaine de résidents. Un travail épuisant, autant physiquement qu’émotionnellement. Deux employés ont fini en burn-out, dans cet EMS ouvert en 1998 – une moyenne qui reste relativement basse dans un environnement connu pour mener à l’épuisement professionnel.

Comment l’institution lutte-t-elle désormais contre ce fléau? «Aucune formule magique ni d’instrument miraculeux», prévient Philippe Maire, fondateur de l’EMS. Chaque semaine, les collaborateurs se réunissent en petits groupes pour raconter des situations qui les interpellent, des impressions pénibles ou inconfortables. «Le personnel est souvent confronté aux douleurs et aux frustrations des résidents. Les employés culpabilisent et leur «sac» se remplit de cailloux, raconte Philippe Maire. Or ils tombent en burn-out quand ils n’arrivent pas à vider ce sac.»

Le ressenti des employés

Contrairement à des supervisions, qui se limitent aux faits, ces séances se concentrent sur le ressenti des collaborateurs, des sentiments «qui proviennent souvent d’un besoin non satisfait, plutôt que de la situation en elle-même», précise le directeur.

Une manière de remettre la faute sur les travailleurs plutôt que sur l’employeur? «Je ne cherche pas à désigner de coupable! Les entreprises doivent veiller aux conditions de travail, mais il faut reconnaître que certaines personnes vivent très mal une situation que d’autres supportent très bien. Le risque de burn-out vient du regard que chacun porte sur soi et son travail, bien plus que des conditions de travail», assure le directeur de l’institution.

Le jury, qui a octroyé une enveloppe de 7500 francs à la résidence, s’est dit séduit par ce programme, certes simple, mais qui «a été mis en pratique, concrètement, dans une petite entreprise» et qui a porté ses fruits, explique le professeur Roger Darioli. Depuis son introduction en 2005, aucun nouveau cas de burn-out n’est à déplorer et le taux d’absentéisme a diminué. Le directeur ne crie pas victoire pour autant: «Personne n’est à l’abri du burn-out, même dans des entreprises exemplaires.»

  • Article paru dans le temps le 4 mai 2012
  • Auteure de l’article : Sandrine Hochstrasser

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